As-tu nourri les poules? Ou le pouvoir sur sa vie

 

As-tu nourri les poules?

Je vivais une frustration déclenchée par le fait qu’une des personnes avec qui je vis avait oublié plusieurs fois de s’occuper des poules lorsque c’était son jour de le faire. Et la case à cocher de ses autres tâches était vierge depuis deux semaines.

Ça tournait dans ma tête, j’étais inquiète que les poules n’aient pas d’eau propre quand c’était son tour de s’en occuper.

Mais une partie de moi se disait: « Je ne veux pas passer mon temps à surveiller cette personne! Et elle ne fait pas non plus ses autres tâches! C’est quoi, elle se fout de nous, elle pense qu’on va faire les choses à sa place?

« Hier je lui ai mentionné que je m’étais occupée des poules à sa place et elle a réagit froidement, je viens de vérifier si elle allait faire les poules avant d’aller travailler et ça semble avoir créé de la tension.

« Ça m’écoeure, parce que j’aime beaucoup cette personne! Si au moins elle faisait ses tâches, etc. »

Mes pensées me pourrissaient la vie, mes actions spontanées ne créaient pas ce que j’avais envie de vivre avec cette personne.

Le problème avec les « il faut »

Il y avait la couche des « il faut »: « Il faut communiquer, il faut se mêler de ses affaires, il faut laisser les gens assumer les conséquences de leurs actes… Mais il faut prendre soin des poules! »

Et ça tournait en boucle!

Le problème, avec les « il faut », c’est qu’ils ne disent pas COMMENT FAIRE!

Alors vive les notions théoriques, mais surtout les pratiques concrètes qui permettent de développer de nouveaux réseaux de neurones et de vivre les choses autrement…

Les émotions et les besoins sous-jacents

Qu’est-ce qui se passait pour vrai à l’intérieur de moi?

Une partie de moi était exaspérée, très chargée de frustration. Elle était complètement tournée vers l’autre personne, à avoir envie de la brasser, de la faire bouger.

Et comme l’autre ne bougeait pas, elle vivait de l’impuissance et se sentait amère.

Quel était le rêve de cette partie de moi, qu’est-ce qu’elle aurait aimé vivre? (Autrement dit: quels étaient ses besoins?)

De la SIMPLICITÉ. De la DÉTENTE. De la CONFIANCE. Et si j’allais un peu plus creux: elle voulait de la CONSIDÉRATION, la SÉCURITÉ qu’elle est prise en compte, de la LÉGITIMITÉ.

Prendre le temps d’accueillir

J’ai pris le temps de voir comment se transformait mon expérience émotionelle, corporelle lorsque je me reliais à ces mots. J’ai savouré la LÉGITIMITÉ, la DÉTENTE, la SIMPLICITÉ.

M’était-il possible de m’accorder ici et maintenant toute la légitimité dont j’avais besoin en disant pleinement oui à mon expérience, en donnant un accueil chaleureux à ce qui en moi badtripait?

J’ai aussi goûté à la CONNEXION que j’avais envie de vivre. Au RESPECT que j’avais envie d’offrir autant que de recevoir. Et je me suis rendu compte que depuis quelques temps, mon système s’était mis à percevoir l’autre personne comme une ennemie…

J’ai accueilli cela, tout doucement, et peu à peu il s’est fait de la place pour me rappeler que l’autre ne faisait que tenter de répondre à ses besoins dans tout ça.

Des actions concrètes

Après ce moment d’autoempathie, j’étais beaucoup plus calme, il y avait plus de douceur en moi. En même temps, je voyais qu’il restait une certaine tension, dans mon côté gauche, quelque chose qui n’avait pas encore pu livrer son trésor.

Avec cette clarté, j’ai choisi deux actions concrètes:

1- j’ai pris un rendez-vous avec une copine d’empathie (pour m’assurer de donner à ce qui était déclenché en moi toute l’attention bienveillante et l’accueil dont cela avait besoin).

2- j’ai pris une minute pour dire à la personne concernée que j’aimerais prendre un moment pour jaser avec elle bientôt, pour prendre soin de notre lien. (Avoir eu plus de temps, j’aurais proposé qu’on fixe un moment précis, pour nous assurer que ça se passe.)

Elle est partie travailler après m’avoir souri et remercié, et moi j’ai continué ma journée déjà plus heureuse, le besoin de connexion étant déjà nourri.

Ouvrir le dialogue pour d’abord se relier

Cette jasette avec la personne, ce ne serait plus dans le but « de lui dire qu’elle doit faire ses tâches » mais dans le but de nous relier, d’ouvrir un dialogue où la question des tâches sera mise sur la table dans le cadre plus grand de « comment vas-tu? », « comment je vais » et « comment se porte notre relation? ».

D’abord prendre soin du lien et ensuite mettre la question concrète sur la table, avec l’ouverture et la curiosité de savoir ce qui se passe chez l’autre, quelle saveur de la vie se manifeste en elle quand elle a le comportement qui me déclenche.

Lui offrir la légitimité que j’ai envie de vivre moi aussi. Dialoguer sur nos besoins, puis s’entendre sur une manière d’agir pour prendre soin de tout le monde, advenant le cas qu’une tâche n’est pas faite.

Peut-être que je n’aurai pas « ce que je veux » (les tâches faites impeccablement au moment où je veux qu’elles soient faites). Mais j’ai plus de chance de vivre ce que je veux vivre: de la connexion, de l’accueil, de la détente.

Le pouvoir sur sa vie, ça se joue à chaque instant

Choisir une parole plutôt qu’une autre, quelques secondes de silence de plus, une inspiration profonde. Montrer ma vulnérabilité et rester dans le lien. Proposer aux autres une stratégie qui nourrit mes besoins plutôt que de subir les choses habituelles.

Rien de miraculeux – quoique le pouvoir de l’empathie peut être très étonnant.

Et la vie prend un cours un peu différent, dans le sens de l’AUTHENTICITÉ, de la CONNEXION et de la LÉGITIMITÉ (entre autres besoins nourris par cette démarche).

Des petites capsules vidéo sur Facebook

Sans surprise, ma collègue Valérie et moi avions toutes les deux « POUVOIR SUR SA VIE » dans notre liste respective des thèmes que nous allons couvrir dans les petites capsules vidéos pour faire connaître notre Croisière virtuelle de communication bienveillante, 3e édition, qui commence le 12 janvier.

Pour en apprendre davantage en écoutant les petites capsules vidéo, suivez la page facebook de la Communication bienveillante en croisière (virtuelle)!

Cliquez ici pour en savoir plus sur la Croisière virtuelle de communication bienveillante (début dès le 12 janvier).

Au plaisir de naviguer avec vous sur la mer des sentiments et des besoins!

2 Replies to “As-tu nourri les poules? Ou le pouvoir sur sa vie”

  1. Merci pour ton partage ! C’est tellement simple, et en même temps c’est tellement facile d’ignorer ses vrais besoins… mais ton article mets merveilleusement en évidence que c’est la première étape indispensable 🙂 Est-ce que pendant la croisière tu nous entraîne à faire ça?

    1. Merci Anna! Oui, pendant la croisière, on fait plein d’exercices pratiques pour développer la conscience des besoins et la capacité à les exprimer! Et après avoir suivi une formation d’introduction, on peut se joindre à un groupe de pratique pour continuer à intégrer la démarche (Valérie Letellier et moi animons un groupe de pratique mensuel). Ça te tente? 🙂

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