La zone de sécurité pour mieux créer

Dans un monde qui valorise le dépassement de soi, l’expression « sortir de sa zone de confort » est passée dans le langage courant. Et si, pour pouvoir vivre l’expansion créatrice à laquelle on aspire, il fallait d’abord goûter à sa zone de sécurité ?

Julia Cameron, dans Libérez votre créativité, nous invite à considérer la partie créative de nous comme un petit enfant. Cette analogie fonctionne très bien pour moi. En fait, ce n’est pas de l’abstraction, c’est une réalité énergétique. Je la sens, cette petite en moi, qui trouve plein de choses très intéressantes, très drôles. Qui a envie de s’amuser, de jouer. C’est elle qui s’est mise à vibrer de joie quand j’ai vu l’annonce du cours d’acrobatie et trampoline à l’école de cirque. Je conçois très bien que ce soit elle qui fournisse l’énergie pour dessiner, écrire des histoires, chanter, danser…

Et parfois – souvent ! — elle a peur.

Il est intrigant, ce monde, mais il est aussi effrayant. Et il y a toutes sortes de choses qui arrivent, quand on se lance à faire de nouvelles choses ou qu’on montre aux autres nos « beaux dessins » : de l’indifférence, des critiques, des refus, de l’incompréhension. Quand je prends des cours de trapèze ou d’acrobatie, je ne suis pas vraiment « bonne ». Je ne suis qu’une débutante, alors que mon artiste, elle, aimerait dès le premier cours se qualifier pour le Mondial de gymnastique ! Même chose pour l’écriture : j’ai mis des années à sortir mon premier roman, parce que ça devait être le prix Nobel ou rien ! Le test de la réalité peut être un choc, surtout quand l’enfant intérieur a été refoulé, qu’il a beaucoup rêvé, mais peu expérimenté. Alors, comme un escargot dont on touche les antennes, il se recroqueville. Et c’est très important d’avoir une coquille où digérer ces nouvelles informations qui stimulent beaucoup sa sensibilité.

Un petit enfant, quand il a peur, il se cache dans les bras de maman (ou papa). Alors il s’agit de devenir soi-même le parent sécurisant de notre enfant artiste. Pour que notre créativité soit en mesure de s’exprimer, l’artiste en nous doit avoir l’assurance qu’il pourra revenir en lieu sûr et être accueilli, dorloté, aimé tel quel. Un espace où on écoutera les histoires terrifiantes qu’il se raconte sur le monde, où on entendra ce qu’il vit avant de lui expliquer, doucement, qu’il peut aussi voir les choses autrement. Je peux écouter la douleur de mon artiste d’être à peine capable de faire la roue, d’avoir un cours de retard sur les autres ; entendre son aspiration à vivre avec les pirouettes la même aisance qu’elle a avec les mots… Et lui exprimer l’admiration que je ressens quand je vois qu’elle persévère à suivre ses élans, à vivre son authenticité et à la partager avec les autres. Et ce lien d’amour crée la sécurité intérieure qui permet d’aller jouer dans le monde et d’expérimenter l’art et la vie. (Bien sûr, le Censeur est toujours présent – comment composer avec lui fera l’objet d’un autre article et d’un atelier, le 24 octobre – voir le calendrier).

Ça m’arrive chaque fois. Chaque fois que je suis un peu visible, que j’exprime de l’expansion créative par un article, un événement, un spectacle : après, il y a de la contraction. Connaître le phénomène, avoir conscience de ce besoin de sécurité et de soins me permet d’agir en conséquence. Et de continuer à contribuer au monde avec ma créativité.

Si vous avez envie d’expérimenter cet aspect de la créativité, bienvenue à l’atelier du mardi le 17 octobre.

La zone de sécurité pour mieux créer

Mardi 17 octobre
18 h 30 à 20 h 30
Montréal (local à déterminer selon le nombre d’inscriptions – près d’un métro)
30 $ taxes incluses (25 $ si étudiant ou sans emploi)
Pour vous inscrire: virement Interac à info@jacinthelaforte.com ou par chèque ou argent comptant le soir même.

Important: inscription requise avant 18 h la veille de l’atelier.

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