On a tendance à avoir une conception figée de soi et des autres, comme si on était un concept, donc une « chose » définie et arrêtée.

Bonne nouvelle : nous sommes faits de chair et d’os, d’atomes, de molécules, de cellules et de conscience! Ça bouge, ça crée de nouveaux liens, ça se modifie au fil des expériences!

Nous sommes tous en devenir.

Élargir le concept de soi

Je peux élargir mes horizons. Je peux apprendre. Nous pouvons tous le faire. Voici une tranche de vie qui l’illustre, dans un but d’inspiration!

La genèse d’une croyance

Quand j’étais petite, ma sœur allait à l’école spécialisée en musique. Moi, je n’avais pas été retenue lors du test d’admission.

J’ai donc toujours cru que la musique, ce n’était pas pour moi. Pourtant, au fil des ans, j’ai toujours aimé chanter et j’ai composé quelques chansons (les paroles et la mélodie aussi, qui me venait en fredonnant « n’importe quoi »).

Être ouverte aux suggestions

Il y avait une chanson dans mon spectacle humoristique Chlorophylle38 cherche un gars compatible. En juin 2018, quand j’étais en résidence de création au Récif à Rivière-Trois-Pistoles, j’ai demandé à une fille qui vivait là-bas et que j’avais vu jouer de la guitare si elle serait capable de mettre des accords sur ma chanson et de m’enregistrer une trame sonore que je ferais jouer pendant le spectacle, pour m’accompagner.

— Mais pourquoi tu les jouerais pas toi-même, tes accords? m’a-t-elle répondu.

Moi? Jouer de la musique? Ça ne faisait pas partie du concept « Jacinthe Laforte ».

Essayer, apprendre, accepter d’être débutant

Mais savez-vous quoi? Un ami a trouvé les accords, je me suis procuré un ukulélé et j’ai accompagné ma chanson, sur scène, quelques semaines plus tard. Ceux qui ont vu le spectacle auront remarqué que je grattais très maladroitement mon instrument – ce qui ajoutait à l’effet comique!

Chlorophylle38 au Café Baobab à Sherbrooke

Chlorophylle38 lors d’une version exploratoire du spectacle Le cœur gros comme la Terre au Café Baobab, Sherbrooke, 19 décembre 2020

Après, j’ai pris quelques cours, j’ai apporté d’autres chansons à mon prof qui a trouvé les accords. Il m’assure qu’un jour, je pourrai le faire moi-même. J’avoue que j’ai des doutes, mais pourquoi le concept de moi-même ne pourrait pas s’élargir encore? Si j’y mets le temps et l’attention, mes facultés musicales continueront assurément de croître.

De nouveaux possibles

Alors la fille qui ne peut pas jouer de musique, elle a créé un nouveau spectacle, qui s’articule autour de plusieurs chansons originales, auto-accompagnées au ukulélé!

(Avec la pandémie, le projet est un peu en dormance. Il se repose sous la terre, il attend son printemps. À suivre! Cliquez ici pour en lire plus sur Le cœur gros comme la Terre.)

Et vous, quelle « limite » du concept de vous-même êtes-vous prête à laisser se dissoudre pour gagner en liberté créative?


Vous aimeriez libérer votre créativité, mais vous êtes bloquée? Cliquez ici!

Livre Chlorophylle38 cherche un gars compatible de Jacinthe Laforte

Dans le cadre du lancement du livre présentant le texte intégral du spectacle Chlorophylle38 cherche un gars compatible, qui clôture en quelque sorte ce projet, j’ai envie de faire un petit bilan. Pour célébrer ce projet fou et inspirer les autres à oser réaliser leurs rêves créatifs, parce qu’ils nous construisent.

Les représentations

En 2018-2019, j’ai joué le spectacle 13 fois, devant environ 500 personnes, dans 6 villes et 11 lieux différents. Ouf, une belle folie, un gros défi!

Merci à tous les lieux qui m’ont accueillie et à toutes les personnes qui sont venues découvrir Chlorophylle38!

15 septembre 2018 L’Équilibre en mouvement, Outremont
6 octobre 2018, Chez Tante Edna, Verdun
11 octobre 2918, Coop Les Récoltes, Montréal
20 octobre 2018, salon privé, Saint-Sauveur.
28 novembre 2018, mezzanine du Théâtre Petit Champlain, Québec
9 février 2019, Restaurant La Petite marche, Montréal
22 mars 2019, Espace 100 noms, Lennoxville
23 mars 2019, La Capsule, Sherbrooke
20 avril 2019, Centre d’art de Dunham (programmation régulière)
10 mai 2019, Lézarts Loco, Val-David (codiffusion)
17 mai 2019, Petit théâtre de Québec
5 octobre 2019, Restaurant La Petite marche, Montréal
11 novembre 2019, Restaurant La Petite marche, Montréal

Jacinthe Laforte incarne Chlorophylle38 au Théâtre Petit Champlain le 28 novembre 2018

Les collaborations

J’ai porté le projet seule, mais je ne l’aurais jamais réalisé sans le généreux soutien de nombreuses personnes. Un chaleureux merci aux personnes et organismes suivants, qui ont cru au projet et y ont participé:

  • Martin Mercier, directeur du Centre de création  scénique, mon metteur en scène et script-éditeur,
  • Collectif Le Récif de Rivière-Trois-Pistoles, où j’ai fait six semaines de résidence de création à l’été 2018,
  • Nicolas Falcimaigne du Caveau des Trois-Pistoles pour la présentation d’un premier extrait à la Maison de l’écrivain en juin 2018,
  • Myriam Dorin pour le magnifique graphisme,
  • Benoit Levac pour les photos délirantes,
  • Jean-Bruno Gagnon pour la pub vidéo,
  • Joanne Paradis pour les photos en spectacle (au Théâtre du Petit Champlain à Québec) et la présentation-test dans son salon.
Jacinthe Laforte en Chlorophylle38. Crédit photo: Benoit Levac

Le soutien

  • Dima Haffar et les autres amies de filles pour la présentation-test dans son salon,
  • Les amisE qui sont venus écouter une première version dans mon salon, en décembre 2017, quand je défilais mon texte sans pause, avant tout le travail réalisé avec Martin Mercier!
  • Les amiEs et connaissances qui m’ont hébergée lors des représentations hors de Montréal,
  • Ma famille, mes amiEs et confidentEs!
  • Les abonnés et abonnées de mon infolettre et les participantEs à mes ateliers Libérez votre créativité, qui, peut-être sans le savoir, représentent un soutien moral important!
  • Et quelques mécènes anonymes!

Les apprentissages tous azimuts

Sur les plans artistique et technique

  • Apprentissage de l’écriture comique (gradation, exagération, surprise, timing, etc.);
  •  Laisser rire le public, lui laisser le temps de savourer une bonne blague;
  • Le public a le droit à sa réaction. Il peut ne pas rire, il peut apprécier sans le démontrer. Il a aussi le droit de ne pas aimer ça, d’avoir eu une grosse journée et de s’endormir pendant le spectacle. Je ne peux pas exiger une réaction particulière du public;
  • Le fonctionnement du monde du spectacle (réseaux, foires, etc., notamment grâce à une excellente formation offerte par le Conseil québécois du théâtre);
  • Plein d’aspects techniques (micro-casque, console, reverb, éclairage de scène, fiche technique, etc.);
  • Énormément de trucs en marketing.

Sur le plan humain (émotionnel, relationnel)

  • L’importance de la sécurité : en mars 2019, mon corps m’a clairement indiqué qu’il ne continuerait pas à avancer dans de telles conditions de précarité : je me suis mise à boiter sérieusement, incapable de marcher sans ressentir une douleur extrême au genou. Pendant les mois précédents, j’avais pratiquement vécu sur mes économies, à temps plein sur le projet de Chlorophylle38. L’expérience m’a fait comprendre pourquoi il faut des subventions pour faire de l’art à temps plein et que c’était important pour prendre soin de ma santé globale de m’assurer d’avoir des revenus.  Il n’y a pas de honte à avoir un boulot alimentaire qui paye les factures!
  • Écouter mon intuition : à une occasion, j’ai fait affaire avec des vidéastes avec qui il y a eu plusieurs problèmes (délais pas possibles et qualité très moyenne du rendu final) et après coup, je peux dire que mon petit doigt me l’avait dit…  J’ai ensuite passé mon chemin à des offres de collaboration qui suscitaient en moi de la confusion, la méfiance ou de l’inconfort.
  • Digérer l’incompréhension et les déceptions : J’ai eu une petite entrevue à la radio de Radio-Canada Estrie à une heure de grande écoute! Et j’ai eu une salle presque vide lors de mes représentations dans la région (soir et lendemain de tempête de neige). L’équation efforts=résultats n’est pas toujours exacte et il y a des impondérables. D’où la nécessité d’avoir beaucoup de soutien et de prendre extrêmement bien soin de son artiste!
  • Amour inconditionnel : je suis tellement reconnaissante, grâce à mon cheminement avec la Communication non violente et l’Intelligence relationnelle, de constater que je ne ressens plus le besoin aujourd’hui de faire autant de pirouettes pour sentir que je suis digne d’amour! Aujourd’hui, je respecte et j’honore tendrement la part de moi qui croyait devoir mener à bien un tel projet herculéen. (J’écrirai un article sur la question.)

Est-ce que tous ces apprentissages (et j’en oublie) ont valu les centaines d’heures de travail, l’incertitude, les angoisses? OUI! Les projets créatifs, quelles merveilleuses écoles multidimensionnelles! Au fond, créer, c’est vivre.

***

Le livre du texte intégral de Chlorophylle38 cherche un gars compatible  (©2020 Humbles Éditions, 100 p.) est en vente ici au modeste coût de 15$ (taxe et livraison en sus).

La puissance de la joie

Le printemps dernier, je donnais des cours d’art dramatique en ligne aux enfants d’une école primaire qui étaient confinés chez eux.

Un jour, un seul petit garçon de première année s’est présenté au cours.

Comme il était déçu! J’ai commencé mon animation quand même. Plusieurs fois, le petit garçon m’a demandé, l’air désemparé : « Ils sont où, les amis? »

Quelques minutes plus tard, deux autres enfants ont rejoint le cours virtuel. Le petit garçon était tellement excité qu’il sautait littéralement sur place en agitant les bras! Il ne pouvait tout simplement pas contenir sa joie.

Quelle puissance il y a dans la joie!

Cette histoire me revient au moment d’exprimer combien je trouve essentielle la CÉLÉBRATION de nos avancées, de nos réalisations. C’est un BESOIN, la célébration.

Tu as peut-être déjà observé quelque chose de semblable. Toi qui a déjà été un enfant, tu as déjà VÉCU cette joie. Elle est quelque part inscrite dans tes cellules, c’est une ressource à activer!

La célébration est un besoin

Selon mon expérience, faire quelque chose de concret pour marquer un jalon sur notre chemin, ça nourrit aussi plein d’autres besoins (pour soi et pour les personnes qui nous entourent, quand on les inclut dans la célébration): l’intégration, le sens de notre valeur, l’évolution, le soutien, la communauté, l’inspiration.

Plein de manières de célébrer

Quand on est tout petit, il suffit d’avoir un petit chapeau pointu en carton sur la tête pour goûter à cette joie nourricière. Sortir les verres à pied pour boire de l’eau pétillante, ça peut faire un effet similaire. Lors du cours d’art dramatique en ligne, ce jour-là, il suffisait de voir les amis. À quatre, nous étions tout un party.

Et toi, qu’est-ce qui te fais vivre pleinement la CÉLÉBRATION?

Que les fruits récoltés soient artistiques, entrepreneuriaux ou existentiels, prendre un moment pour les contempler et les honorer, c’est mettre de l’engrais pour la prochaine récolte. Ça me rappelle également de dire merci aux gens qui ont contribué à mon parcours. Et la gratitude est aussi un moteur puissant.

Lancement du livre de Chlorophylle38

C’est pourquoi je m’organise un petit lancement virtuel pour immortaliser et célébrer Chlorophylle38 cherche un gars compatible, ce projet fou de spectacle solo au cours duquel j’ai tant appris et évolué comme artiste, comme entrepreneure et comme humaine. Et dont le texte est maintenant  publié sous forme de joli petit livre!

Jeudi le 17 septembre 2020 de 18h30 à 19h30, je t’invite donc à te connecter à une réunion virtuelle sans prétention où il s’agira de célébrer la créativité et la connexion humaine!

Si ça pétille en toi en lisant cette invitation, viens me dire un petit coucou, visionner de brefs extraits du spectacle (quelques-uns des meilleurs moments) et célébrer la créativité! J’en profiterai pour raconter quelques anecdotes savoureuses autour du parcours de création du spectacle. Quelle aventure! Quelle folie!

Clique ici pour recevoir le lien de connexion!

Participe au tirage d’un exemplaire!

Enfin, je vais faire tirer un exemplaire du livre quelques heures avant le lancement. Clique ici pour participer au tirage!

Pendant mon confinement montréalais, alors que je rêvais d’espace, j’ai vu l’annonce d’une chambre libre dans une petite communauté intentionnelle en Estrie : une colocation à six dans une maison, avec un grand jardin, des poules et un projet d’expérimentation sociale et écologique et de partage de savoirs avec la communauté.

J’ai sauté.

Je n’aurais pas eu les moyens humains et relationnels de vivre une telle expérience, il y a seulement quelques années. Mais aujourd’hui, je la vis avec beaucoup de bonheur. 

Jacinthe Laforte dans son jardin

C’est drôle, mon nouveau milieu de vie évoque un peu l’univers de mon premier roman, Cité carbone.

Ça confirme ma croyance que les rêves se réalisent, en essence, même si la forme et le contexte peuvent être différents. Ça prend seulement un peu de temps (et du soutien, de l’alignement, de la confiance, des deuils, de l’adaptation, de l’évolution, de l’intuition, etc.)

Après un printemps en tourbillon de séances virtuelles (Croisières de communication bienveillante et cours d’art dramatique aux enfants d’une école primaire) je me suis accordé des VACANCES! Sans avoir à aller nulle part, le jardin, la forêt et la rivière étant à proximité…

Pour la montréalaise, quelle joie! Mon enfant intérieure qui court, libre, parmi les herbes hautes et les fleurs. 

Bref: je suis ressourcée et je travaille en ce moment à mes prochaines contributions au monde! J’ai envie de partager toute la richesse qu’il m’est donné de goûter, depuis mon petit paradis, un peu à l’écart du monde si affecté par le contexte actuel.

 En fait, ça me semble une responsabilité que de partager les processus qui font que mon bonheur au sein d’un “nous” peut être une réalité. (Je définirais aujourd’hui le bonheur comme une sérénité de fond, malgré qu’il y ait bien sûr toutes sortes de tensions dans la vie quotidienne!)

À bientôt pour la suite de ce que j’ai à proposer comme nourriture pour l’âme et le coeur! (Et si toi, tu trouves ça quétaine, voudrais-tu passer le message à ton enfant intérieur? Merci!)

Nouveauté cet automne: L’Escouade créativité!

La genèse…

Depuis 2016, j’ai offert six séries de douze semaines Libérez votre créativité à une quarantaine de personnes. J’ai eu envie de proposer des rencontres “de suivi”, pour continuer à soutenir la démarche créative de chacunE. Je les voulais mensuelles, mais il y en a eu quatre en 2018-2019, parce que ça demande quand même du temps et de l’énergie d’organiser ça…

Au printemps 2019, j’ai entendu une participante de mon groupe nommer qu’elle aurait le goût d’animer des rencontres où les gens s’entraident pour s’épanouir et avancer dans leurs projets. Ça m’a donné l’idée de collectiviser cette aspiration que je porte aussi. Une communauté de partage, c’est plus chouette quand c’est porté… par une communauté! J’ai donc proposé à des ancienNEs participants s’ils avaient le goût de cocréer une nouvelle formule…

Les choses prennent donc un cours nouveau cet automne, avec un collectif tellement motivé que les rencontres auront lieu chaque deux semaines, le premier et le troisième mercredi du mois (du 2 octobre au 4 décembre – à confirmer pour le 18 décembre)! Je salue la collaboration fluide et agréable avec mes acolytes Léa Lefebvre-Radelli, Geneviève Côté et Alexis-Michel Schmitt-Cadet, qui ont déjà fait les douze semaines Libérez votre créativité avec moi et sont aussi formés en Communication consciente (approche de Marshall Rosenberg).

Aucun prérequis! Contribution volontaire (suggestion de 10-20$) Réservez votre place par courriel pour participer: info@jacinthelaforte.com

Thème de la rencontre du 2 octobre: La confiance.

Qu’est-ce que cette énergie qui favorise l’ouverture et l’épanouissement? Comment nourrir et faire jaillir ce moteur, cette force de propulsion? Que faire quand elle n’est pas là? Il y aura surtout de l’espace pour partager où nous en sommes dans notre processus créatif, nos projets, nos rêves et ainsi apprendre à se connaître.

Bienvenue! Nous avons hâte de vous connaître et de découvrir votre processus créatif!

On me demande régulièrement: « Mais Jacinthe, qu’est-ce que tu fais avec tes pages du matin accumulées depuis toutes ces années? »

Quand on fait la démarche en 12 semaines proposées par Julia Cameron, celle-ci insiste sur l’importance de ne pas relire notre écriture du matin pendant plusieurs semaines. Parce qu’il est bon de se donner le temps de renouer avec l’enfant intérieur, de le nourrir avec les sorties avec l’artiste et d’acquérir un peu d’agilité pour reconnaître le Censeur avant de relire ces précieuses pages où sont exposées des pensées, des émotions qui demandaient à être exprimées, qui révèlent parfois des choses qu’on ignorait de nous-même.

C’est vers la fin de la démarche qu’on y retourne. Avec des marqueurs de couleurs différentes, pour surligner les prises de conscience et les actions à faire pour faire avancer nos rêves. Et moi j’ajoute d’autres couleurs pour les bonnes idées d’infolettres, les passages qui pourraient aller dans un livre sur la créativité ou la communication consciente.

Une fois ce travail fait, après avoir retiré les pages avec de bonnes idées (et idéalement, je les tape tout de suite dans l’ordinateur), je déchiquète ou je brûle le reste du cahier. Avant que je commence à le faire, j’ai déménagé plusieurs fois de nombreuses boîtes de cahiers! À l’été 2016, j’ai loué une chambre à la campagne dans un endroit où il y avait un feu de camp. J’ai survolé rapidement les pages de tous ces cahiers. Étrangement (ou non), je tombais précisément sur les passages marquants de ma vie, les relations qui demandaient encore de l’attention pour libérer encore de vieilles émotions. Je suis une partisane du désencombrement émotionnel qui passe par le tri et le laisser aller des objets (oui, je suis une discipline de Marie Kondo, son processus radical m’ayant grandement supporté dans la réalisation de mes projets en 2016).

Quoi faire avec les pages du matin Libérez votre créativité

Je brûle ou déchiquète mes pages après en avoir retiré les bonnes idées.

Je détruis tout ça, car je ne veux pas que quiconque lise mes pages du matin! Ce n’est pas de la littérature, c’est de l’hygiène! Et puis en en tirant le suc grâce à un survol rapide (je lis en diagonale les passages où je ventile sur ce qui se passe dans ma vie, pour m’attarder aux bonnes idées et aux prises de conscience), j’active l’énergie constructive; en détruisant le reste, je fais de la place pour manifester ce que je veux vraiment.

Alors voilà ce que je fais avec mes pages. Et vous, que faites-vous de vos écritures intimes?

Les paroles et les pensées qui vous empêchent de passer à l’action sont-elles absolument vraies? Pour ma part, je suis fascinée de voir toutes les affirmations fausses qui sortent de ma bouche et de celles des autres! Un jour, quand j’ai commencé à donner les ateliers Libérez votre créativité, je parlais à une bonne amie […]

Faut-il attendre l’inspiration pour créer ? C’est une question fréquente.

Moi qui suis une personne très spontanée, intuitive, j’adore la structure.

J’aime savoir à quelle heure se termine une réunion, avoir un ordre du jour, une horloge au mur qui me donne un cadre. Ça me donne de la sécurité ET un soutien pour garder le cap de l’essentiel.

Je suis pas mal religieusement une routine matinale qui renforce mon intention et ma direction. Tous les jours, à peu près à la même heure, je m’installe à l’ordinateur pour travailler à mes projets. C’est comme ça que j’ai pu écrire mon deuxième roman, même si à l’époque je travaillais pour des clients plusieurs heures par jour. Chaque matin, une heure d’écriture (sans parler de mes pages du matin, qui font partie de la routine hygiénique que je fais avant ma journée de travail).

Je planifie ma semaine et j’utilise depuis un an un logiciel dans lequel j’inscris les tâches à faire pour réaliser mes différents projets. Ça me sert énormément pour l’aspect entrepreneurial (production et diffusion), car il y a tellement d’aspects différents et de suivis à faire que je ne pourrais pas m’en rappeler autrement.

Pour ce qui est de la création comme telle, je fais aussi des listes des prochaines étapes à réaliser (par exemple, rédiger une scène sur tel sujet à ajouter à mon spectacle, répéter tel passage plus exigeant; revoir la logique temporelle de deux chapitres de mon roman, faire une recherche pour m’assurer que je n’ai pas abusé d’un mot en particulier).

Cette clarté sur les étapes à suivre, c’est comme un livret d’instructions. Comme c’est utile, un livret d’instructions, quand on ouvre la boîte d’un objet à monter qui est complexe, qu’on n’a jamais vu ni assemblé auparavant.

Il y a BEAUCOUP de jours, dans une année, où l’élan de créer est enterré sous toutes sortes de peurs, sous la fatigue, la confusion, le découragement. Suivre le « livret d’instructions » que j’ai mis en place, ça permet de me relier au fil d’Ariane qui va me guider dans ce labyrinthe. Qui va me porter dans la direction de mon rêve.

Dans Libérez votre créativité, Julia Cameron dit que la « discipline » dont il est question pour créer, ce n’est pas celle qu’on retrouve dans l’armée, qui goûterait la contrainte et la crainte des représailles. C’est plutôt de l’ordre d’une invitation à la partie créative de soi, du genre : « Eh, demain matin, on se retrouve au rack à bicycles pour aller explorer la ruelle ! »

Une fois assise à l’ordi, mon document ouvert à la page du passage dont j’ai noté que je voulais le retravailler, l’inspiration peut se manifester. Cette « discipline » de travail créatif devient comme un rituel qui met en place les conditions favorables pour que le courant passe. Si je n’ai pas mis en place ces habitudes, ce cadre, il n’est pas certain que je me rendrais à mon ordi pour écrire ce qui surgirait dans un moment d’inspiration. Parce que les différents Censeurs s’interposeraient probablement. Installer une routine de travail créatif, c’est délimiter un espace qui met de mon côté les chances que les Censeurs ne prennent pas toute la place.

Cela étant dit, il arrive qu’à n’importe quelle heure, l’inspiration me prenne et que je passe un long moment à taper frénétiquement un flot d’idées. Qu’en lavant la vaisselle, je me mette à chantonner quelque chose qui devient une chanson, et que je vais l’écrire tout de suite, portée par une énergie créative intense. Ça arrive.  

Et il arrive aussi qu’aie l’intuition d’appeler tel contact pour un projet, à cet instant précis, sans que ce soit écrit dans ma liste de tâches. Et je fais souvent ce qui est écrit dans le livret d’instructions dans le désordre, je replace les tâches plus loin dans le calendrier et je fais autre chose, ce qui m’inspire sur le moment. C’est aussi ça, le plaisir de la structure et des « contraintes » : on peut jouer dedans, on peut jouer avec !

En bref, pour moi, la structure est un extraordinaire soutien qui crée de l’espace pour la créativité, renforce l’intention et permet de garder le cap vers l’actualisation de mon potentiel, de mes rêves.

Et vous, quelles structures avez-vous mises en place pour vous soutenir ?

Crédit photo: Minda Bernstein

J’ai présenté samedi dernier l’avant-première de Chlorophylle38 cherche un gars compatible, un spectacle solo dont je ne me serais du tout douté, il y a à peine deux ans… J’attribue grandement cette réalisation au fait de baigner dans la démarche Libérez votre créativité (titre du livre de Julia Cameron dont je m’inspire grandement pour mes ateliers, avec une optique de communication consciente).
Voici quatre principes parmi ceux qui m’ont permis de créer et produire mon one-woman-show.

1. Accepter d’apprendre, d’être une débutante.

Non, je n’avais jamais fait d’humour sur scène auparavant. Et quand j’ai présenté devant quelques amiEs une première version de mon monologue, en décembre 2016, ils ont souligné la qualité du texte tout en exprimant, le plus délicatement possible, que j’avais encore du chemin à faire du côté du jeu… Comme débutante, ça ne pouvait pas être autrement. Ça demande de l’humilité d’entreprendre un nouveau projet ! Un an et demi et des dizaines et des dizaines d’heures de coaching et de répétition plus tard, le jeu rentre au poste (les rires de mon public de samedi me permettent de l’affirmer)!

2. Faire les deuils nécessaires pour être en mesure de persévérer.

L’artiste intérieur, qui est comme un enfant, veut tout savoir, tout accomplir tout de suite. Constater les limites de ma capacité à faire quelque chose, à un moment donné, peut être très frustrant, comme lors de cette toute première présentation à mes amiEs, dans mon salon. Tout comme recevoir des refus ou, pire, ne pas recevoirde réponse quand je propose de participer à une soirée d’humour, de présenter mon spectacle à un endroit en particulier. Ressentir la douleur, la frustration, la colère, la tristesse, c’est incontournable pour permettre au processus de deuil de se déployer. Admettre et ressentir les émotions leur permet d’être « digérées » et ensuite, on a de nouveau accès à l’énergie de vie qui veut continuer de créer, d’avancer.

3. Aller chercher le soutien nécessaire.

Si j’ai pu me rendre à présenter sur scène le spectacle de Chlorophylle38, c’est en grande partie grâce au soutien de que j’ai reçu. Celui de mon coach, metteur en scène et script-éditeur, Martin Mercier, directeur du Centre de création scénique. Il a ajouté de nombreux gags au spectacle, m’a aidée à rendre plus percutant mon texte, m’a guidée pour que mon jeu acquière les qualités souhaitées pour que le public profite bien du texte. Surtout, il a cru en moi. Il a vu mon potentiel, au-delà de ce dont j’étais capable au tout début de la démarche. Pour moi, m’entourer de collaborateurs et collaboratrices comme ça, c’est un impératif. Tout comme choisir de partager ma démarche avec des amiEs et connaissances qui vont me soutenir, célébrer avec moi les pas accomplis, les succès, voir la lumière au-delà des moments de déprime. Dans la démarche Libérez votre créativité, lors des premières semaines, on détermine ainsi quelles personnes, dans notre entourage, vont nourrir notre démarche.

4. Célébrer les réalisations !

On l’a dit, l’artiste en soi est comme un enfant. Cette part de nous a besoin d’amour, de soutien aimant pour se développer. Célébrer tous les petits pas, que ce soit en les partageant à quelqu’un qui se réjouit avec nous, en se payant une petite surprise (genre le pot de confiture qu’on trouve trop cher d’habitude à l’épicerie !) ou en se préparant un repas spécial avec des chandelles, même en solo ! C’est essentiel pour se nourrir le cœur et se donner le courage de continuer ! Moi, je suis allée dormir chez une amie, après le spectacle, pour pouvoir en jaser de tous les bords, tous les côtés, et célébrer ça en dansant dans sa cuisine!

  • Je pourrais continuer longtemps, par exemple sur la question de recevoir des critiques (si vous voulez lire mon ebook sur la question), de composer avec la honte, du perfectionnisme, etc. La démarche Libérez votre créativité fournit des perspectives et des outils qui permettent de mieux naviguer dans cet océan de créativité qu’est la vie.

Appelez-moi si vous avez des questions ou des questionnements, ça me fera plaisir de jaser avec vous pour voir si cette démarche est celle qui vous convient en ce moment. 514-278-9938

Jacinthe

Plusieurs recommandent fortement de garder chaque jour du temps pour les projets ou les pratiques importantes, parce que quand on arrête, c’est plus dur de s’y remettre. N’est-ce pas?

On dirait que je suis devenue gênée de faire des vidéos, parce que ça fait longtemps que je n’en ai pas fait. Et tout à coup, plein d’excuses qui n’étaient pas dans le chemin auparavant le deviennent: “je n’ai pas le bon matériel”, “il faut que j’attendre de m’être installée un espace juste pour ça”, etc.

Et pourtant…  J’ai reçu cette année un courriel d’un inconnu d’Europe, qui me félicitait pour mes vidéos et me demandait des conseils pour partir sa chaîne YouTube. Comme quoi notre perception de notre travail n’est pas nécessairement juste — en tout cas, pas pour tout le monde.

C’est le Censeur!

Il peut être utile de reconnaître ce genre de propos mentaux comme étant ceux du Censeur.

Le Censeur ne voit pas ce qu’on fait de bien. Il ne voit pas les pleins, il ne voit que les manques. Et il est souvent collé à l’avant de notre conscience, si bien qu’on croit que ce qu’il affirme, c’est « notre » opinion.

D’où l’intérêt de se « désidentifier » de cette part de nous qui parle dans notre tête, ce qui rejoint l’invitation d’Eckart Tolle de devenir l’observateur du « penseur ».

La marionnette qui représente mon Censeur

Voici comment je résumerais le processus de désidentification du Censeur :

1. Conscience des discours mentaux.

“Je n’ai pas le bon matériel”, “il faut que j’attende de m’être installée un espace juste pour ça”, « je suis qui, moi, pour faire des vidéos! », etc.

2. Recul bienveillant.

IMPORTANT : Si vous êtes en train d’engueuler votre Censeur, c’est que vous êtes identiféE à une autre part de vous. Dans la posture d’accueil bienveillant que je veux mettre de l’avant aujourd’hui, inspirée par les approches de la Communication NonViolente et du focusing de la relation intérieure, il y a de la paix par rapport aux propos du Censeur. Il s’agit de « reculer » intérieurement pour faire de la place, pour créer un espace où le Censeur (tout comme les autres parties de nous) peut exister tranquille et être accueilli tel quel.

3. Attention aux besoins sous-jacents.

Quels besoins crient à travers les propos du Censeur? Autrement dit, à la défense de quelles aspirations ce dernier se porte-t-il?

Dans le cas de mes vidéos, je vois que le Censeur me parle de sécurité (qu’il veut nourrir en évitant de montrer au monde une vulnérabilité de ma part), d’actualisation de mon plein potentiel (le souhait d’apprendre et d’atteindre le prochain niveau de compétence accessible) et d’humilité.

4. Nouveau regard

Avoir le Censeur crinqué, ce n’est pas grave. C’est seulement limitant quand on croit qu’il dit la vérité et toute la vérité!

Selon moi, il est exact d’affirmer que j’ai des choses à apprendre pour faire des vidéos professionnelles. Mais ce n’est pas TOUTE la vérité. Mes vidéos ont déjà plusieurs qualités qui en font un matériel riche et vivant qui contribue au monde.

5. Stratégies d’action bienveillantes

Comment répondre aux besoins de sécurité, d’actualisation et d’intégrité autrement qu’en m’abstenant de produire des vidéos?

Sécurité : déjà, la désidentification crée un espace de sécurité et d’amour en moi; dans un monde en changement permanent, c’est le refuge le plus sûr!

Actualisation (et j’ajouterais apprentissage et soutien): En suivant des tutoriels pour apprendre les trucs techniques, en allant chercher les conseils de vidéastes que je connais. EN FAISANT DES VIDÉOS!

Humilité: Reconnaître la valeur de ce que je maîtrise effectivement (et que mon Censeur ne peut pas voir, car il est trop occupé à traquer les manques, pour me protéger) me permet ensuite de le transmettre depuis un espace d’humilité.

L’humilité, c’est la justesse
d’être qui on est, ni plus ni moins.
Nier un talent qu’on possède,
c’est manquer d’humilité!

6. Le prochain petit pas

Déterminer le prochain petit pas à faire pour avancer et, au besoin…

7. Soutien

Il est important de m’assurer que je mets en place des conditions gagnantes pour vraiment passer à l’action. Dans mon cas, je trouve aidant de m’engager auprès d’une personne de confiance à effectuer le pas que j’ai déterminé et à lui en donner des nouvelles.

Conclusion :
Je m’engage à vous faire une vidéo pour la semaine prochaine!