Avez-vous déjà remarqué que les gens refusent souvent les suggestions de nouvelles manières de faire? Moi y compris. On commence par voir toutes les raisons pour lesquelles ça ne pourrait pas fonctionner. Il y a une certaine sécurité dans l'ordre établi, je présume.

Par exemple, si je propose d’instaurer un système de compostage dans mon milieu de travail, on me dira automatiquement que ça va sentir mauvais, que c’est compliqué, que personne ne va vouloir s’en occuper.

L’écoute empathique peut ici être très utile pour poursuivre le dialogue : en entendant les besoins qui s’expriment par ces objections, j’ai plus de chance de créer de l’ouverture chez les autres, pour qu’ils puissent entendre l’aspiration qui motive ma proposition.

Quelque chose de l’ordre de :

- Okay, pour toi c’est important de préserver la simplicité, et puis tu trouves que vous avez déjà assez de pression avec le travail lui-même, quand c’est l’heure du repas, t’as juste envie de souffler. C’est ça?

Également, pour optimiser mes chances de mobiliser les gens autour de mon idée, je gagne à commencer par nommer le sens sous-jacent. Tout le monde a soif de sens. C’est ça qui mobilise.

Voyons la différence entre :

- Je voudrais proposer qu’on mette un bac pour le compostage dans la cuisine.

et

- Je suis préoccupée par la question des déchets, surtout quand je pense que les déchets de table peuvent être transformés en compost qui va fertiliser le sol et servir d’engrais pour des fleurs et des jardins. J’ai envie de contribuer, de faire quelque chose pour être en cohérence avec mes valeurs. On pourra voir les détails ensemble, mais j’ai pensé qu’on pourrait mettre un bac pour le compostage dans la cuisine. Qu’est-ce que ça vous dit?

Et la danse de l’écoute empathique et de l’expression honnête peut reprendre, pour vraiment entendre les aspirations de chacun, en donnant tout autant de place aux miennes, et en faisant des demandes, des propositions concrètes pour amener dans le monde des stratégies qui servent mieux la vie.