Julia Cameron, dans son livre Libérez votre créativité, nous invite à regarder en face les blessures qui ont paralysé notre enfant artiste intérieur, à revisiter les moments douloureux de notre parcours, les critiques dévastatrices qu’on a reçues, les expériences qu’on a perçues comme des échecs, à faire le deuil de nos autosabotages et volte-face créatifs. Ouch, tout ça fait mal ! Là survient la sagesse de Julia Cameron : elle a parsemé son programme d’exercices qui nourrissent la joie, le plaisir, la découverte. Je pense notamment à la sortie hebdomadaire avec l’artiste (voir la vidéo), mais aussi à de petits gestes comme écouter une pièce de musique, nous procurer un bout de tissu d’une couleur qui nous plaît, cueillir quelques feuilles de plantes rencontrées lors d’une ballade, mettre dans notre maison une odeur réconfortante. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des mini-actions qui allument des étincelles de joie en nous, car elles nourrissent notre vitalité créative !

Pour être en mesure de faire face à nos « monstres », il faut être assez ancré dans une énergie de présence, autrement on risque de se laisser emporter par la douleur, qui peut nous traîner comme un bateau à moteur traîne le débutant qui n’a pas réussi à se lever sur ses skis nautiques… jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il doit lâcher la corde ! Différentes traditions disent la même chose, en des mots différents. Je lis dans le livre du moine bouddhiste Thich Nhat Hanh qu’une des manières de transformer les « graines de souffrances » que nous portons (et qui parfois nous viennent même des générations précédentes), c’est de semer et arroser nos graines de bonheur (Prendre soin de l’enfant intérieur, Pocket). L’approche de psychocorporelle intégrée dit la même chose, de même que celle du focusing de la relation intérieure ; dans mes mots : pour pouvoir accueillir les parties blessées, assurons-nous d’abord d’être ancrés dans la présence calme qu’on associe aux montagnes, aux forêts, à la nature. Elle a le pouvoir d’accueillir ce qui fait mal et de le transformer.

Et la beauté de la chose, c’est que la création artistique, le jeu créatif est une excellente voie pour « lâcher la corde » de nos blessures qui s’autoflagellent et revenir dans la réalité du monde matériel d’aujourd’hui, donc au pouvoir d’action et de changement. Un tout petit dessin, quelques minutes à chanter ou à danser ont un grand pouvoir. La création sans pression, à l’abri des regards, la toute petite création juste pour jouer, ici et maintenant, est le meilleur antidote au blocage créatif. Et à force de le faire, on se renforce les muscles émotionnels et créatifs, et on devient prêt à remonter sur les skis nautiques de la créativité. Avec de la pratique et du soutien, on réussit à se lever et à goûter l’aventure!

4 réponses
  1. Pascal
    Pascal dit :

    Ce que je retiens de ton article…
    • Regarder en face les blessures
    • A revisiter les moments douloureux de notre parcours, les critiques dévastatrices qu’on a reçues, les expériences qu’on a ”perçues” comme des échecs, à faire le deuil de nos auto-sabotages
    J’aime bien quand tu précises ”perçues” Cela laisse place à l’ouverture de voir autre chose qui permettra de l’interprété différemment…
    J’aime bien aussi quand tu dis…

    ”Les critiques que l’on c’est fait envers soit même… ”

    Qui d’autre réellement à le pouvoir de donner un poids à la critique de l’assentiment donc nous faire du mal à part que nous même….

    Plus je découvre ce que tu révèles plus je vois comment c’est axé sur l’évolution intérieur ou l’anti-douleur… Car souvent l’humain ne veux pas vraiment évoluer mais cesser de souffrir et il doit asser souffrir pour vouloir changer…
    J’ai repris aussi
    ”Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des mini-actions qui allument des étincelles de joie en nous, “”
    Oui! Merci Jascinthe !
    Les Petites victoire, les choses qui vont bien qui vont mieux… Il y en a toujours beaucoup dans ma vie, Je me disais dernièrement de les écrire à chaque jours.. et mettre sur mon mur…
    C’est une façon de se remercier aussi d’être obliger de s’apprécier de reconnaître..
    Oui, cela nourris notre vitalité de vie car cela élimine ce qui nous tue intérieurement et physiquement cré des mal à dit ou mal à écrit
    Car ici la facon de dire est beaucoup par l’écriture…

    Ici tu dis
    dans mes mots : pour pouvoir accueillir les parties blessées, assurons-nous d’abord d’être ancrés
    Hum…………..
    Pour moi être bien ancrés, c’est c’être ancré à l’encre de ces mots….
    Mot intérieur qui revisite mes croyances, mes pensées si elles sont bien réel ou amplifier de par des pensée irréaliste à qui j’ai donné relativité bien réel, realité, Toute en n’en oubliant la relativité absolu! pour absolument rien…

    Merci tu m’aides en plein coeur de ou je suis rendu dans mon cheminement et tu me confirme, me réaffirme, raffermis en moi ce chemin là et cela n’a pas de prix

    Merci continue de prendre soin de toi, tu prend soin de moi en même temps et tant d’autre!

    Claude-Pascal en évolution 😉

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    • Jacinthe Laforte
      Jacinthe Laforte dit :

      Merci Claude-Pascal. J’écrivais aujourd’hui dans mes pages du matin que l’affaire, avec la vie, c’est qu’on est en plein dedans! On ne peut qu’agir à partir d’où on est, en soi et par rapport à nos circonstances. Se démerder avec ce qu’on a! Et quand j’arrête de me trouver des excuses pour ne pas agir et que je passe à l’action en plein dans le “merdier” du moment, ben, j’apprends. Ça marche pour la création et pour tout le reste!

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