Se « désidentifier » du Censeur pour passer à l’action

Plusieurs recommandent fortement de garder chaque jour du temps pour les projets ou les pratiques importantes, parce que quand on arrête, c'est plus dur de s'y remettre. N'est-ce pas?

On dirait que je suis devenue gênée de faire des vidéos, parce que ça fait longtemps que je n'en ai pas fait. Et tout à coup, plein d'excuses qui n'étaient pas dans le chemin auparavant le deviennent: "je n'ai pas le bon matériel", "il faut que j'attendre de m'être installée un espace juste pour ça", etc.

Et pourtant...  J'ai reçu cette année un courriel d'un inconnu d'Europe, qui me félicitait pour mes vidéos et me demandait des conseils pour partir sa chaîne YouTube. Comme quoi notre perception de notre travail n'est pas nécessairement juste -- en tout cas, pas pour tout le monde.

C'est le Censeur!

Il peut être utile de reconnaître ce genre de propos mentaux comme étant ceux du Censeur.

Le Censeur ne voit pas ce qu’on fait de bien. Il ne voit pas les pleins, il ne voit que les manques. Et il est souvent collé à l’avant de notre conscience, si bien qu’on croit que ce qu’il affirme, c’est « notre » opinion.

D’où l’intérêt de se « désidentifier » de cette part de nous qui parle dans notre tête, ce qui rejoint l’invitation d’Eckart Tolle de devenir l’observateur du « penseur ».

La marionnette qui représente mon Censeur

Voici comment je résumerais le processus de désidentification du Censeur :

1. Conscience des discours mentaux.

"Je n'ai pas le bon matériel", "il faut que j'attende de m'être installée un espace juste pour ça", « je suis qui, moi, pour faire des vidéos! », etc.

2. Recul bienveillant.

IMPORTANT : Si vous êtes en train d’engueuler votre Censeur, c’est que vous êtes identiféE à une autre part de vous. Dans la posture d’accueil bienveillant que je veux mettre de l’avant aujourd’hui, inspirée par les approches de la Communication NonViolente et du focusing de la relation intérieure, il y a de la paix par rapport aux propos du Censeur. Il s’agit de « reculer » intérieurement pour faire de la place, pour créer un espace où le Censeur (tout comme les autres parties de nous) peut exister tranquille et être accueilli tel quel.

3. Attention aux besoins sous-jacents.

Quels besoins crient à travers les propos du Censeur? Autrement dit, à la défense de quelles aspirations ce dernier se porte-t-il?

Dans le cas de mes vidéos, je vois que le Censeur me parle de sécurité (qu’il veut nourrir en évitant de montrer au monde une vulnérabilité de ma part), d’actualisation de mon plein potentiel (le souhait d’apprendre et d’atteindre le prochain niveau de compétence accessible) et d’humilité.

4. Nouveau regard

Avoir le Censeur crinqué, ce n’est pas grave. C’est seulement limitant quand on croit qu’il dit la vérité et toute la vérité!

Selon moi, il est exact d’affirmer que j’ai des choses à apprendre pour faire des vidéos professionnelles. Mais ce n’est pas TOUTE la vérité. Mes vidéos ont déjà plusieurs qualités qui en font un matériel riche et vivant qui contribue au monde.

5. Stratégies d’action bienveillantes

Comment répondre aux besoins de sécurité, d’actualisation et d’intégrité autrement qu’en m’abstenant de produire des vidéos?

Sécurité : déjà, la désidentification crée un espace de sécurité et d’amour en moi; dans un monde en changement permanent, c’est le refuge le plus sûr!

Actualisation (et j’ajouterais apprentissage et soutien): En suivant des tutoriels pour apprendre les trucs techniques, en allant chercher les conseils de vidéastes que je connais. EN FAISANT DES VIDÉOS!

Humilité: Reconnaître la valeur de ce que je maîtrise effectivement (et que mon Censeur ne peut pas voir, car il est trop occupé à traquer les manques, pour me protéger) me permet ensuite de le transmettre depuis un espace d’humilité.

L’humilité, c’est la justesse
d’être qui on est, ni plus ni moins.
Nier un talent qu'on possède,
c’est manquer d’humilité!

6. Le prochain petit pas

Déterminer le prochain petit pas à faire pour avancer et, au besoin...

7. Soutien

Il est important de m’assurer que je mets en place des conditions gagnantes pour vraiment passer à l’action. Dans mon cas, je trouve aidant de m’engager auprès d’une personne de confiance à effectuer le pas que j’ai déterminé et à lui en donner des nouvelles.

Conclusion :
Je m’engage à vous faire une vidéo pour la semaine prochaine!

4 Commentaires

  1. Merci Jacinthe ! C’est très aidant ! Ça fait des mois (pour ne pas dire des années) que je veux faire des vidéos mais je tarde à passer à l’action. Récemment j’ai fait des tests et j’avoue — je me suis surtout concentrée sur les points à améliorer (traduction : je me suis beaucouo jugée). Aujourd’hui je me dis que pour un premier essai, il y a du bon, et que ça vaut définitivement la peine que je persévère. Je vais faire l’exercice de regarder quels sont les besoins qui se cachent derrière mon censeur, et je vais moi aussi faire une vidéo la semaine prochaine !

    1. Merci beaucoup, Anna! Je suis très heureuse de pouvoir contribuer et j’ai hâte de voir ta vidéo! À bientôt! 🙂

  2. Tellement juste ! Même le pouvoir limitatif en soi à un rôle à jouer… quand il ne nous domine pas par la peur d’être mal jugée ou mal aimée.

    1. Oui, les approches non dualistes sont pour moi une voie à suivre, car elles ouvrent tellement plus de portes ! 🙂

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